Des tensions émergent dans les relations entre la République Populaire de Chine et l'Inde



De récentes enquêtes suggèrent que les tensions entre la Chine et l'Inde sont une nouvelle fois de plus en plus importantes au sujet des limites frontalières. La Chine réclame comme son territoire une large étendue de l'Etat de l'Arunachal Pradesh, au nord-est de l'Inde.
Les discussions entre les deux pays au sujet des frontières n'ont pas permis de résoudre le problème. Au mieux, elles ont gelé la tension pour dégeler sur d'autres aspects de leurs relations. Ainsi, les tensions ressurgissent ici et là, rappelant au monde que tout n'est pas calme sur les frontières indo-chinoises.

« Les choses deviennent vraiment intenses et, du point de vue indien, révoltantes » dit Brahma Chellaney, du
Centre de Recherche en Politique de Delhi.

La question frontalière est une donnée intégrant des réalités bien plus complexes.
Pékin n'a jamais apprécié la présence du Dalai Lama et de son entourage en Inde, quand bien même New Delhi considère le Tibet comme faisant partie de la Chine. Dans le même temps, que l'Inde se pose sur la scène internationale comme son alternative en Asie fâche Pékin.
Pékin qui tend à ne pas ébruiter ces réclamations territoriales en Inde, pensant sa nation la plus forte. Toutefois, elle ne peut pas empêcher le monde de projeter l'Inde comme une autre puissance asiatique en compétition.
Ce fut un souci pour la Chine depuis sa libération datant de 1949, surtout en gardant à l'esprit que l'Inde sait régulièrement ressurgir, d'une manière ou d'une autre.
Au début des années 50, le soutien de New Delhi envers le communisme chinois au sein de la communauté internationale a été accepté avec des réticences, sa bonne foi mise en doute. A cette époque le rôle indien de facilitateur pour l'autonomie du Tibet fut interprété comme un acte allant dans le sens de la volonté américaine puis, progressivement l'Inde s'est vu classée parmi les pays satellites des Etats-Unis.
Dans cette optique, l'unité de l'état Indien ne fait pas le jeu de la Chine. Une Inde qui, de par sa taille et son potentiel, est considérée comme une rivale de Pékin.
Pour preuve, alors que dans les années 70, l'Inde participait à la création du Bangladesh, la Chine fulminait et son Premier ministre, Zhou Enlaï, dans une interview avec un journaliste britannique, remettait en question les fondements mêmes de la nation Indienne, la qualifiant de création du Royaume-Uni.
Dans cet élan, le 17 décembre 1971, la toute nouvelle Agence de Presse Chinoise avertissait l'Inde que d'autres pourraient la partitionner de la même manière qu'elle divisa le Pakistan.
En d'autres termes, l'Inde aussi pourrait être démantelée, et il se pourrait bien que la Chine pousse dans ce sens.
Sachant ceci, il n'est pas vraiment étonnant qu'un groupe de réflexion proche des militaires chinois a récemment appelé à la division de l'Inde en 30 états indépendants, ajoutant que si la Chine « agit un peu en ce sens, la soit disante grande fédération indienne peut éclater. »
Selon ce point de vue, l'éclatement de l'Inde servirait les intérêts chinois et profiterait à sa prospérité régionale. Le groupe continue en affirmant que se pourrait être accompli avec l'alliance des pays amis de la Chine (le Pakistan, le Bangladesh et le Népal) qui aideraient différentes nationalités à obtenir leur propre état indépendant.

Les mouvements de renforcement militaire indien le long de la frontière en réaction aux incursions du voisin chinois agace pourtant ce dernier qui décrit « irréfléchis ».
En revanche New Delhi a répété son engagement commun avec la Chine « à résoudre leurs problèmes en suspens, y compris frontaliers, par le dialogue et une attention aux priorités de l'autre. »

A quel point la situation frontalière est sérieuse ? Personne ne peut classer sans suite des problèmes mettant en jeu des confrontations militaires, d'autant plus que la Chine teste régulièrement la volonté indienne avec toujours plus d'activités militaires et dans le même temps l'Inde est également déterminée à conserver le contrôle de ses zones et postes frontaliers pour empêcher d'offrir tout avantage territorial à la Chine.
Ces faces à faces armés peuvent développer des moments clefs pouvant aboutir à des crises majeures pourtant, de plus en plus, elles seraient sous contrôle.
Toutefois, comme décrit précédemment, la dispute frontalière d'un plus grand problème pour la Chine en Asie.
Ces temps-ci le Japon est hors-concours, conséquence de ses crises politiques et économiques chroniques. De plus, à chaque fois qu'il tente de se relever, Pékin le frappe avec le bâton de l'historique culpabilité. D'autant plus efficace que le Japon a l'habitude de re-visiter ses vieux démons, à savoir ses complexes d'incompétence et d'insensibilité.
Au contraire, l'Inde tend à se projeter au plus haut malgré tous ses problèmes. Et tant que se sera le cas, la Chine trouvera difficile de plier l'Inde à sa volonté.
Donc, si la Chine veut persévérer, elle n'aurait d'autre choix que de trancher l'Inde en différentes entités nationales qui seront plus malléables, à l'instar d'autres nations du sous-continent.
Il est plus facile de parler que d'agir bien sur. L'inde est de fait attaquée par des séparatistes et des insurgés incluant des rebelles maoïstes qui s'étendent du Nord au Sud du pays et posent de sérieux problèmes mais, jusqu'à aujourd'hui l'Inde a réussi à s'en sortir. Sa démocratie lui donne flexibilité et réactivité qui lui permirent de tenter des accords d'autonomie aux succès sous différentes formes. Une politique à l'opposé de la méthode chinoise au Tibet et au Turkestan.

Malgré tout, si la Chine pouvait accentuer les contradictions au sein de sa rivale, cela l'immobiliserait sur son propre territoire ainsi que chez ses voisins. Ainsi, la Chine pourrait aider économiquement et militairement les mouvements rebelles via Pakistan, Bangladesh et tout autre pays voulant profiter d'une alliance avec l'empire du milieu. L'histoire nous rappelle que c'est déjà arrivé*.
Néanmoins la politique de création et soutien de factions révolutionnaires a été interrompue sous le principal leader Deng Xiaoping à fin de se concentrer sur la modernisation de la Chine. Tout retournement de cette politique nécessiterait de sérieuses délibérations au plus haut niveau puisque cela pourrait créer toutes sortes de complications imprévisibles à un moment où la Chine est inscrite dans la consolidation et l'expansion de son pouvoir.
De plus, se tournant vers le Pakistan, celui-ci ne semble pas un allié efficace face à l'Inde, de même pour le Bangladesh, embourbé dans ses propres difficultés. Et puis l'Inde ne se laisserait pas facilement renverser.
Ce qui nous amène de nouveau à la menace d'une création de 30 états indépendants en lieu et place de l'état fédéral Indien.

A première vue, c'est un avertissement lancé à l'Inde, la Chine pourrait causer de sérieux problèmes à New Delhi si elle songeait à être « irraisonnable ».
Dans un futur proche, cette confrontation pourrait en amener d'autres à l'échelle régionale. Dans un futur plus lointain, la Chine pourrait continuer à remettre en question l'état Indien par une révision historique et espérera sa fragmentation.
En conclusion, il ne semble pas y avoir de scénario optimiste quant aux relations indo-chinoises.

* Et par un voisin que ce journaliste a omis de citer et pas des moindres: la Birmanie. Elle avait servi de base lors de la guerre sino-indienne. Or la frontière birmano-indienne se situe aux niveaux des territoires nord est de l'Inde, zone hautement sensible. De plus, l'Inde hésite à cesser de vendre des armes à la Birmanie, un moyen d'éviter de paraître un ennemi envers la junte militaire très aidée par la Chine ? NDT







# Posté le lundi 14 septembre 2009 04:15